Un rappel en ce jour de la fête des pères: la naissance ne fait pas qu’accueillir un enfant. Elle fait naître aussi tous ceux qui l’aimeront.

Aujourd’hui, c’est la Fête des Pères en Amérique du Nord.

Ces journées qui soulignent les grands rôles de la vie m’invitent toujours à réfléchir aux passages qui les rendent possibles.

L’être père est indissociable de la naissance.

On parle souvent de la naissance comme de l’arrivée d’un bébé. Pourtant, la naissance est bien davantage qu’un événement biologique. Elle est l’un des plus puissants rites de passage de l’existence. Peut-être même le plus grand de tous.

Car lorsqu’un enfant vient au monde, il n’est jamais le seul à franchir un seuil.

C’est ce qui me fascine depuis toujours dans les rites de passage. Certains transforment un individu. D’autres marquent le passage d’une personne d’un état à un autre. Mais la naissance possède quelque chose d’unique: elle transforme plusieurs personnes à la fois.

Lorsque la femme enfante, un nouveau-né quitte l’univers intime de son ventre pour rencontrer le monde. Au même instant, elle devient mère.

Et autour d’eux, toute une constellation de relations se transforme:

Le ou la partenaire devient parent.

Des parents deviennent grands-parents.

Des frères et des sœurs deviennent oncles et tantes.

Un enfant devient grand frère ou grande sœur.

À travers son propre corps, ses sueurs, ses cris, ses peurs, ses sons, ses poussées, son expansion, ses saignements, à travers son propre rite de passage, une nouvelle famille prend forme.

Voilà pourquoi, à mes yeux, la naissance est le plus grand rite de passage.

Voilà aussi pourquoi je considère la femme comme l’un des piliers fondamentaux de nos communautés. Non seulement parce qu’elle permet l’arrivée d’une nouvelle vie, mais parce que c’est à travers elle que se redessinent les liens qui unissent les êtres humains les uns aux autres.

Mais revenons à cette journée de la fête des Pères.

Aujourd’hui, j’ai aussi envie de reconnaître que la paternité emprunte plusieurs chemins.

Certains hommes deviennent pères à la naissance d’un enfant. D’autres le deviennent par l’adoption, la recomposition familiale ou simplement en choisissant d’aimer, de protéger et d’élever un enfant comme le leur.

Toutes ces formes de paternité sont réelles.

Toutes méritent d’être honorées.

Et être père est infiniment plus vaste que ces quelques lignes.

C’est la responsabilité.

La joie.

La peur.

La fierté.

Le poids des décisions.

La découverte de soi à travers le regard d’un enfant.

Le stress.

L’émerveillement.

Et surtout, l’amour.

Mais derrière chacune de ces histoires, derrière chacune de ces émotions, derrière chacune de ces expansions de l’être, se trouve le rite de passage d’une femme.

Tout cela est possible parce qu’une femme s’est laissée traverser pour donner la vie.

Parce qu’une femme, à un moment de l’histoire de cet enfant, a rendu possible le passage d’un homme vers la paternité.

Notre culture souligne souvent la naissance de l’enfant. Elle célèbre parfois la naissance de la mère. Plus rarement, elle s’arrête pour contempler l’ampleur de ce qui s’est produit autour d’elle.

Alors oui, aujourd’hui, je souhaite une joyeuse fête des Pères à tous ceux qui portent ce rôle avec présence, tendresse et engagement.

Mais je ne peux pas le faire sans honorer, dans le même souffle, les femmes qui ont rendu cette paternité possible.

Car derrière chaque père se trouve une histoire de naissance. Et derrière chaque naissance se trouve une femme qui a permis la transformation de toute une communauté.

La naissance ne fait pas qu’accueillir un enfant. Elle fait aussi naître tous ceux qui l’aimeront.

Mélanie V. Chevarie
Institut Doulē

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